Poursuivre les actions concrètes telles que les Rencontres du Groupe de Proches, les Cafés Prison, la Pétition, le Festival Film–Santé Mentale et Prison constitue le cœur de la mission de L’ÉCART. En 2011, lors du 22e Congrès du Graap, des proches de patients‑détenus ont pris la parole publiquement pour la première fois, révélant l’existence d’un groupe de personnes, Action Maladie Psychique et Prison, engagé face à une réalité longtemps passée sous silence. De leur intervention à ce congrès, L’ÉCART en a fait son Texte fondateur.
Leur témoignage a mis en évidence une injustice profonde : l’incarcération de personnes souffrant de troubles mentaux faute de structures réellement adaptées. Très vite, une conscience collective s’est formée, transformant la souffrance individuelle en un projet commun. Confrontés à une double stigmatisation et à un manque criant d’informations, les proches trouvent dans le partage une force d’appui, un espace de soutien et un levier pour agir.
De cette solidarité émergent des initiatives concrètes qui tracent la voie vers une justice plus humaine et un avenir plus juste pour toutes les personnes concernées. Nous sommes ravies de vous présenter dans cette page nos principales actions.
Être proche d’une personne vivant avec un trouble mental et confrontée au système pénal, c’est porter un poids invisible : double stigmatisation, manque d’informations, isolement, questions sans réponse.
Notre groupe offre un espace où ces fardeaux peuvent enfin être déposés, partagés, transformés. Ensemble, nous avons traversé les chagrins, les colères, les doutes, mais aussi les convictions, les élans d’espoir et l’envie profonde de faire bouger les lignes. Un lieu où l’on trouve du soutien, de la compréhension, et surtout la force collective nécessaire pour agir.
Le groupe de proches de patients sous main de justice se réunit chaque semaine depuis 2011. Ces rencontres mensuelles sont, en principe une fois sur deux, enrichies par la présence de spécialistes invités. Dès janvier 2026, le Groupe se réunit chaque dernier mardi du mois, dans notre stam, mais aussi dans d’autres endroits de Suisse romande. Les thèmes et les lieux sont annoncés sur la première page du site de L’ÉCART et une invitation mensuelle est envoyée par email aux membres de ce groupe.
Pour garder le lien avec celles et ceux qui ne peuvent pas toujours participer, Les Bulletins du Groupe de Proches, courriels mensuels, relaient les thèmes, les réflexions et diverses informations après chaque rencontre.
30 Juin : Rendez-vous au stam
Première Assemblée générale de L’ÉCART
15 ans des Groupes de Proches
28 Juillet : Entre Nous à Vevey chez Astrid et Philippe
25 Août : Entre Nous au stam
29 Septembre : un Invité au stam
Prof. Nader Perroud
Chef de service, Mesures institutionnelles
Curabilis-GE
27 Octobre : Entre Nous au stam
24 Novembre : une Invitée au stam
Mme Cindy Steinmann
Cheffe de service adj.
Directrice de la réinsertion
Service pénitentaire-VD
15 Décembre : Entre Nous au stam
Programme des rencontres 2ème sem. 2026 en.pdf
🌿 Vous aimeriez être entendu, discuter, partager votre expérience, être informé,
🌿 Vous souhaitez rencontrer d’autres personnes qui sont dans la même situation que vous,
🌿 Vous avez peut-être aussi envie d’agir et de participer à des actions collectives,
Alors les rencontres du Groupe de proches sont pour vous.
Pour plus d’information, contactez Karen notre animatrice. Un accueil individuel peut être organisé avant les rencontres.
Email : Karen.HafsettNye@lecart.ch
Téléphone : +41 79 239 69 87
« S’il est en prison, c’est qu’il l’a bien mérité ». Il suffit parfois de quelques mots pour révéler l’ampleur du problème. Car lorsque l’on parcourt les courriers des lecteurs, dès qu’il est question de troubles mentaux et de prison, on lit trop souvent des jugements à l’emporte-pièce : une sanction exemplaire ! la détention à vie ! voire retour de la peine de mort.
Dans ces prises de position, l’état de santé de l’auteur disparaît. Le projet thérapeutique n’existe pas. Pire : investir dans une thérapie est un luxe indécent. Dans l’imaginaire collectif, le « fou dangereux » reste présumé violent à vie. Cette présomption de violence, profondément ancrée dans les mentalités, persiste.
C’est précisément là que se situe notre impératif : veiller aux grains, déconstruire les représentations, ouvrir des espaces de compréhension.
La presse — écrite, audiovisuelle ou numérique — constitue un véritable troisième pouvoir : elle façonne nos imaginaires, influence nos jugements et transforme durablement les perceptions sociales.
Notre site accorde une place essentielle à la circulation des informations, à la communication.
L’ÉCART vous présente ci-dessous Les Bulletins du Groupe de Proches, ses Newsletters et ses publications ainsi que les médias qui ont retenus son attention. Autant d’outils pour faire évoluer les regards, réduire la stigmatisation et rappeler que la justice ne peut être humaine que si elle reconnaît la réalité des troubles psychiques et la nécessité d’un accompagnement thérapeutique.
« Les gens en détresse, il faut les piquer »
Actif dès le début des discussions en 2002, L’ÉCART, anciennement le GRAAP, s’engage pour la création d’un Établissement de Réinsertion Sécurisé (ERS) sur le site psychiatrique de Cery. Ce projet, attendu depuis plus de vingt ans, répond à un besoin devenu évident : offrir aux patients sous mesure thérapeutique un lieu de soins sécurisé, adapté, et distinct du milieu carcéral.
Notre action vise à faire avancer ce dossier essentiel pour la santé mentale, la justice et la dignité de toutes les personnes concernées, en rappelant que l’exécution d’une mesure thérapeutique doit se dérouler dans un véritable établissement de soins.
Agir pour un ERS à Cery, c’est défendre une prise en charge juste, humaine et efficace.
plus présent que jamais, joue son rôle d’accueil, d’alerte, de soutien et de mobilisation. Il est le cœur de l'action de L'ÉCART. Karen Hafsett Nye en est l’animatrice.
plus présent que jamais, joue son rôle d’accueil, d’alerte, de soutien et de mobilisation. Il est le cœur de l'action de L'ÉCART. Karen Hafsett Nye en est l’animatrice.
plus présent que jamais, joue son rôle d’accueil, d’alerte, de soutien et de mobilisation. Il est le cœur de l'action de L'ÉCART. Karen Hafsett Nye en est l’animatrice.
Extrait des délibérations :
« L’ensemble de la commission s’exprime en faveur de la pétition :
Mais d’ores et déjà, elle peut être qualifiée de succès. Ce travail de terrain nous a permis d’aller au-devant d’un large public, dans plusieurs cantons romands, pour sensibiliser la population et expliquer la situation souvent dramatique des personnes atteintes dans leur santé mentale sous main de justice.
Un grand merci aux 3074 pétitionnaires, en particulier aux proches de patients détenus, qui ont osé braver les préjugés pour témoigner et récolter des signatures dans les rues et sur les marchés. Et ce n’est pas facile de briser les tabous liés à la santé mentale et à la prison.
L’ÉCART, c’est aussi cela : un espace pour agir, et contribuer à promouvoir plus de justice. Un lieu où chacun peut reprendre le pouvoir d’agir, pour soi, mais pour les autres aussi.
Quatre jours d’échanges ont fait émerger un constat sans équivoque sur le plan de la santé : les prisons romandes ne sont ni conçues ni équipées pour soigner des personnes atteintes de troubles psychiques, encore moins pour mener un véritable programme thérapeutique. Détenir des patients sans horizon de sortie, dans des espaces non séparés des détenus de droit commun, expose à des situations problématiques et à des formes de maltraitance inhérentes au contexte carcéral.
Plusieurs responsables pénitentiaires et spécialistes, dont le Prof. Hans Wolff, ont rappelé avec force que la prison aggrave l’état de santé des personnes souffrant de troubles mentaux sévères et ne permet pas d’exécuter correctement les mesures thérapeutiques prévues par l’art. 59 CPS.
Une nécessité s’est imposée : créer des lieux spécifiques de soins en santé mentale, adaptés, sécurisés, pensés pour le traitement. La Prof. Kerstin von Plessen a annoncé la relance d’un établissement sécurisé sur le site de Cery, prévu pour 2028 — un premier pas vers une prise en charge enfin adéquate.
Cependant, comme dit plus haut, on ne peut pas soigner en punissant, pas plus qu’on ne peut monter et descendre les escaliers en même temps, la contradiction est totale.
Face à cette aporie et tant que cette disposition subsistera, la confusion entre punition et thérapie perdurera. La détermination de L’ÉCART est claire : il faut changer la loi.
« Si la loi n’est pas juste, il faut changer la loi »,
rappelait l’ancien Conseiller d’État vaudois Pierre‑Yves Maillard.
Avec vous, nous allons y parvenir.
Vendredi 28 mars 2025, Fati Mansour
VAUD Un festival inédit, intitulé Santé mentale et prison, aura lieu en avril à Lausanne avec projections de films et débats. L’occasion de revenir sur cette thématique très sensible avec Madeleine Pont, la fondatrice du Groupe romand d’accueil et d’action psychiatrique.
Article du Courrier du 1er avril 2025, Sophie Dupont
« La prison, jusqu’à quand ? » | Article en pdf
De nombreuses personnes atteintes de maladies psychiques exécutent une mesure thérapeutique en prison, sans date de sortie, faute de solution adaptée. A Lausanne, un festival veut sensibiliser le public à ce phénomène.
Article de «24 Heures du 3 avril 2025, Haddou Romaric
«Il faut des cliniques psychiatriques de jour pour les détenus»
Santé mentale en prison à Lausanne du 4 au 7 avril, un festival de films rouvre le débat sur la prise en charge des troubles mentaux en milieu pénitentiaire.
Y aura-t-il une deuxième édition ? en tous cas une suite, nous l’espérons bien, sous quelle forme ? l’avenir nous le dira.
Mais une chose est sûre, L’ÉCART continuera de porter des événements capables de fédérer les incroyables énergies générées par le Festival de film Santé mentale et Prison.
nous avons le plaisir de publier le premier résumé des huit Tables rondes dont le thème était : La prison, un lieu approprié pour exécuter une mesure thérapeutique ?
Essentiel pour documenter la problématique de la santé mentale en prison, cet important travail de retranscription réalisé par Elix Kordo, a été rendu possible grâce à la générosité de Patricia Meylan, Dr jur. Spécialisée en droit pénal à l’université de Fribourg. C’est en mémoire de l’engagement de Madame Wilma Baer pour les personnes atteintes d’un handicap, que Madame Meylan a généreusement couvert les frais de rédaction de ces actes. Qu’elle voie dans ces quelques lignes la manifestation de notre entière gratitude. Grâce elle et à Elix, nous conserverons une trace concrète de ces quatre jours d’échanges exceptionnels.
Accéder aux résumés des débats